MOOC DIY: l’ère numérique et l’école

Dans le cadre du MOOC DIY, nous sommes invités à nous exprimer sur deux vidéos mises en ligne sur la plateforme ECO:

– l’une date de 2007 (7 ans déjà!) et s’intitule « Engage me »

– l’autre, intitulée Superweb, a été réalisée en 2011 par des élèves de sixième, d’une école anglaise internationale à Chypre, dans le cadre du cours d’EMI.

Pour moi l’intérêt majeur de ces 2 vidéos, c’est justement le fait qu’elles aient été faîtes par les élèves eux-mêmes. Tout le travail préalable de réflexion sur le monde numérique, les usages médiatiques, les goûts des élèves et les méthodes l’enseignement est déjà très riche. Le travail de conception avec ses multiples étapes (écriture du scénario, jeu, tournage, montage…) permet ensuite aux élèves de mettre en pratique leur message (ils « s’engagent » pleinement dans leur production très personnelle). Enfin, la mise en ligne de ces travaux, leur communication effective au monde extérieur à la communauté éducative via la plateforme Youtube donne une portée universelle à leur production. La dimension interculturelle veut d’ailleurs clairement être présente dans  la 2ème vidéo, les enfants traduisant les mots-clés les plus importants. Leur utilisation dans ce MOOC montre à quel point le message se perpétue et devient lui-même support de formation!

Personnellement, je n’apprécie guère la mine défaite et triste des étudiants de la 1ère vidéo, qui semblent maltraités par le système éducatif… brimés par des professeurs peu ouverts aux nouvelles technologies et donc forcément ennuyeux (un élève dort sur sa table!)… Le numérique n’est pas forcément synonyme de créativité! 🙂 Pourtant ces élèves en viennent à  implorer: « let me use the WWW, let me tell a story digitally »…

En tout cas, les deux ressources ont le mérite de susciter des interrogations sur les méthodes d’enseignement. Car, au-delà du numérique, c’est bien de pédagogie dont il est question avant tout.

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MOOC DIY

Le MOOC « DIY (Do It Yourself) Education aux Médias et à l’Information » est un cours en ligne massivement ouvert, adossé aux réseaux sociaux et proposé par l’Université Sorbonne Nouvelle/Sorbonne-Paris-Cité sur une plateforme open Mooc dans le cadre du projet européen ECO (E-learning, Communication, Open data).

Divina Frau Meigs et Bérangère Blondeau complètent cet acronyme et insistent sur un autre, le SIWO: Share It With Others

Ainsi les objectifs du MOOC sont de:

– sensibiliser au nouveau contexte de l’EMI et à ses enjeux de citoyenneté et de créativité

– proposer des outils et des clés de réflexion aux enseignants, aux personnels éducatifs en milieu scolaire et périscolaire et à toute personne curieuse de savoir ce qu’est l’EMI.

– d’éventuellement mettre en place concrètement un projet d’EMI (« parcours créateur »)

susciter la conversation entre différentes communautés de pratique pour faciliter les échanges, les recommandations et les initiatives personnelles ou collectives, au-delà de l’espace de la plateforme.

Parmi les premières activités proposées, pour compléter sa présentation personnelle aux autres participants et évoquer sa vision de l’EMI, la création d’un nuage de tags:

Parmi les mots-clés les plus importants: citoyenneté, esprit critique.

Eduquer aux médias, pour moi, c’est avant tout permettre à l’enfant de ne pas être trop manipulé, de déconstruire certains messages, certaines représentations pour mieux comprendre le sens, c’est lui permettre d’être dans la réflexion plutôt que dans l’émotion face à l’information, de faire des choix raisonnés. L’enjeu fondamental reste la capacité de recul face à l’instantanéité de la plupart des messages médiatiques qu’il reçoit et la formation de l’esprit critique.

Etre capable de déconstruire pour mieux construire.

Parallèlement, cette capacité de recul doit se doubler de l’envie d’agir, de se saisir de ces formidables outils que sont les médias. C’est pourquoi le mot-clé « acteur » prend une place importante dans mon nuage…. et dans une certaine mesure, dans ma pratique (du moins, j’essaye). D’où l’inscription dans une démarche « d’usage raisonné ».

David Buckingham insiste sur cette dimension de l’EMI, dans la ressource proposée sur le MOOC. Au-delà de protéger, il faut accompagner la compréhension et la participation.

« In my view, we can make the case much more effectively by showing in concrete ways what and how children can learn about media. Most of the critics of media education do not have even the faintest idea of what it actually looks like in practice. Media education can be intellectually challenging; it can involve intense and rigorous forms of creativity; and it can engage learners in ways that many other school subjects do not. (…) Rather, we need to come up with evidence that media education actually worksthat it can engage, challenge and motivate young people, as well as enabling them to understand and to participate more fully in the media culture that surrounds them.

Le lien: « Some truisms and a few provocations », David Buckinghma, directeur du Centre for the Study of Children, Youth and Media.