Le parcours citoyen

Continuant mon chemin (ou plutôt ma navigation avec Eol!) dans le MOOC DIY….

Eol_surf_et_en_mouvement

…je prends le temps de mettre en évidence les liens entre les mesures annoncées par le ministère le 22 janvier 2015 pour une « Grande mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République » et le projet d’EMI de cette année, qui se développe l’an prochain:

Capture d’écran 2015-05-30 à 21.08.58

Le texte annoté avec PDF Escape: 2015-05-30-liens-mobilisation_Ecole_projetEMI

La sous-partie « Citoyen journaliste sur Twitter » retravaillé pour la 2ème session sur la page des devoirs.

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L’approche par compétences

Dans l’UE « Didactique du numérique », plusieurs articles nous ont été proposés pour alimenter notre réflexion parallèlement aux activités à réaliser. L’occasion de faire le point sur l’approche par compétences.

L’approche par compétences, qui s’est développée dans les années 90, a été et est encore critiquée, étant accusée de trop mettre en avant les savoir-faire et le procédural. En France, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui reprend une définition proche de celle de l’UNESCO, veut entendre la compétence comme « l’aptitude à mobiliser ses ressources (connaissances, capacités, attitudes) pour accomplir une tâche ou faire face à une situation complexes ou inédites. » Il précise « compétences et connaissances ne sont ainsi pas en opposition. » Malgré cette inclusion, Nico Hirtt critique pourtant, en septembre 2009, cette approche qui, dès l’origine, a associé le développement de compétences à la capacité de s’adapter à la vie économique. Elle répond largement à une demande de flexibilité par le modèle capitaliste, dans un marché du travail très polarisé où le nombre d’emplois qui ne nécessitent que peu de qualification augmente.

Dans son article « L’approche par compétences : une mystification pédagogique » (L’école démocratique n° 39), Hirtt cite une définition d’un des promoteurs de cette approche : une compétence est «une réponse originale et efficace face à une situation ou une catégorie de situations, nécessitant la mobilisation, l’intégration d’un ensemble de savoirs, savoir- faire, savoir-être...» [Bosman et al. 2000]. Ainsi, pour Hirtt, ce qui caractérise l’approche par compétences, c’est que les objectifs d’enseignement ne sont plus de l’ordre de contenus à transférer mais plutôt d’une capacité d’action à atteindre par l’apprenant. L’auteur ironise : « Avez-vous jamais mobilisé Emile Zola, le calcul intégral, la peinture expressionniste, la tectonique des plaques, la révolution industrielle du XIXe siècle, le génocide des indigènes d’Amériques, le subjonctif imparfait, la pensée philosophique de Descartes ou la théorie de la gravitation «dans des situations de la vie» ? »

Au delà de la pédagogie, c’est une philosophie de l’éducation qui est radicalement différente car il estime que nous accordons plus d’importance au résultat individuel qu’aux savoirs. Il démontre aussi que l’approche par compétences ne s’inscrit pas dans une démarche constructiviste comme on veut le faire croire (le savoir n’étant qu’un outil, un accessoire dans la réalisation d’une tâche et non le but même de l’apprentissage) et ne favorise pas l’innovation, enfermant les enseignants dans une « bureaucratie routinière ». Il parle du « fétichisme de l’activité des élèves ». Enfin, il estime que l’approche par compétences renforce l’inégalité sociale du système éducatif. Aller à son rythme = aller au rythme de sa classe sociale….

L’article est provocateur mais renouvelle la réflexion sur nos pratiques. S’il met en évidence certains travers (grilles qui deviennent inapplicables, problème de l’évaluation…), il exagère sans doute l’application concrète de cette approche qui a été faîte par les enseignants… En tant que professeure documentaliste, impliquée dans l’éducation aux médias et à l’information, je suis amenée à traiter ces « compétences transversales » qu’il dénigre. Mais je ne les estime pas déconnectées des savoirs, bien au contraire. C’est ce qui nous amène à travailler sur le droit à l’information dans l’histoire ou le droit à la liberté d’expression dans le monde avant d’envisager toute production. La déconnexion entre l’écriture d’un article, la réalisation d’une affiche et des savoirs est injuste et mésestime ou ne fait pas confiance en la manière dont les enseignants appliquent ou interprètent les textes. Il s’agit de méthodes pédagogiques actives qui ont montré leur intérêt et c’est la façon dont est conçue la tâche qui aura toute son importance. C’est la même chose pour n’importe quel outil, c’est l’usage qui en est fait qui compte. Le scénario pédagogique devra bien identifier dans quelle mesure connaissances, capacités et attitudes sont recherchées et croiser, à mon sens, les apports de l’approche par objectifs et de l’approche par compétences qui sont deux « grilles » pour concevoir une situation d’apprentissage cohérente et efficace.

Dans cette UE, nous nous intéressons à l’impact du numérique. C’est bien l’intention pédagogique de l’enseignant qui donne sens à l’utilisation de tous les outils, quels qu’ils soient. Ces outils sont au service de l’enseignant non seulement pour accompagner l’apprenant dans ses apprentissages avec des stratégies diversifiées mais aussi pour le rendre pleinement acteur. C’est pour moi un enjeu qui relève de l’exercice de la citoyenneté plus que de l’adaptabilité…

Dans l’article « L’approche par compétences : un nouveau paradigme pour la pédagogie universitaire ? », Christian Chauvigné et Jean-Claude Coulet rendent compte des débats :

  • assujettissement de l’éducation aux intérêts économiques vs reconnaissance du rôle de l’éducation dans le développement économique, sans renoncement à sa participation à l’émancipation sociale.

  • minoration, voire négation des savoirs, baisse de maîtrise des qualifications, flou dans les évaluations certificatives vs meilleure mobilisation des savoirs, meilleure lisibilité des qualifications, évaluations certificatives plus adaptées, réappropriation par l’individu de son parcours de formation…

Ils reconnaissent par ailleurs que les promoteurs de l’approche par compétences sont « à l’origine d’un renouvellement foisonnant des formes pédagogiques à l’université ». Ils mentionnent le projet Tuning et donnent la définition qu’on y trouve : « Les compétences sont une combinaison dynamique des aptitudes cognitives et méta- cognitives, du savoir et de la compréhension, des aptitudes relationnelles, intellectuelles et pratiques et des valeurs éthiques ». Ils pensent eux-mêmes qu’il ne faut pas envisager la compétence comme une « collection » de capacités et d’aptitudes de diverse nature mais bien comme un processus, une construction articulant «connaissances» et « activité finalisée ».

Christian Chauvigné et Jean-Claude Coulet, « L’approche par compétences : un nouveau paradigme pour la pédagogie universitaire ? », Revue française de pédagogie [En ligne], 172 | juillet-septembre 2010, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 15 janvier 2015. URL : http://rfp.revues.org/2169

Didactique du numérique

Le cours de M. Javaux nous a permis de nous interroger sur ce que le numérique pouvait changer dans l’acte d’enseigner et dans l’acte d’apprendre. Mais d’une manière plus générale, il nous a demandé un travail rigoureux sur les étapes de conception de tout scénario pédagogique. Un mise au point sur les approches pédagogiques, les styles d’apprentissage, les taxonomies souvent utilisées a d’abord été nécessaire.

J’ai ensuite pris comme étude de cas un travail collaboratif démarré avec une collègue en Etude de Gestion. Il a fallu analyser les objectifs, décortiquer les compétences, évaluer les activités envisagées.

Cette détermination et cette formalisation des objectifs et des compétences visées fait partie de notre travail habituel d’enseignant. Mais nous partions ici de textes institutionnels très précis, menant à une épreuve anticipée du bac. Par ailleurs, la spécificité du projet était d’intégrer l’utilisation d’une plateforme d’apprentissage en ligne (Moodle) ce qui était complètement nouveau et pour l’une et pour l’autre.

J’ai repris et détaillé les objectifs avec la taxonomie de Bloom:

roue_bloom

Voici un exemple de représentation des objectifs d’une séquence menée en 1ère stmg:

objectifs-pedagogiques-parcours-stmg-ex1

Une même traduction des textes et de la méthodologie que nous voulions adopter s’est faîte dans une approche par compétences. Deux référentiels ont été utilisés: le référentiel des compétences info-documentaires de la FADBEN et le B2I lycée.

Un aperçu du travail réalisé:

competences-parcours-stmg-ex

MOOC DIY, 2ème session

J’avais participé en début d’année à la première session du MOOC DIY qui m’avait beaucoup intéressée et dont j’avais fait un petit compte-rendu d’expérience ici, sur mon portfolio:

https://patriciaecalle.wordpress.com/2015/02/11/fin-du-mooc-diy-emi/

Je repars pour cette 2ème session, pour découvrir les nouveautés, comme la partie sur la liberté d’expression, et pour réfléchir à mes projets de l’an prochain. Nous comptons, avec mes deux collègues, partir de l’expérience de cette année (résumée ici: http://classemediasmaulnier.comxa.com/) mais travailler davantage sur l’image animée.

Je compte aussi améliorer et développer le projet autour de l’engagement citoyen et Twitter, déjà objet de réflexion pendant la session 1 de ce MOOC. L’expérience de cette année a été très enrichissante et je suis convaincue de l’intérêt de l’intégration de ce réseau social dans les situations d’apprentissage. Le compte classe n’a été ouvert qu’en janvier mais l’évaluation du travail réalisé laisse entrevoir les potentialités.

Un des premiers travaux demandés dans le cadre du MOOC est de mettre en évidence les liens entre notre projet d’EMI et le Socle Commun de Connaissances, de Compétences et de Culture. J’ai encore découvert un outil bien pratique: PDF Escape afin d’annoter l’annexe du décret du 31 mars 2015. Le résultat en pièce jointe:

2015-05-annotation-ECALLE-Socle