Projets médias, c’est reparti!

Une nouvelle année scolaire a commencé qui s’annonce bien dense:

  • La mise en place du projet « classe médias » 2015-2016

Toujours le même fil rouge et le même intitulé « Engagez-vous! De l’élève citoyen au citoyen journaliste » mais de nouveaux médias étudiés, de nouveaux partenariats avec des associations…

Nous avons démarré avec « La Journée de l’engagement » le 1er octobre

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puis le photographe Pascal Chicaud est intervenu en classe sur Henri Cartier-Bresson pour préparer la visite de l’exposition du Théâtre de la Photographie et de l’Image.

Nous préparons aussi la Journée du Direct proposé par le CLEMI.

  • La coordination des « Cordées de la réussite » (liaison lycée / université) qui implique un travail avec le département Info-Com
  • La participation au MOOC DIY en tant qu’E-claireur:

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Venez donc m’y rejoindre! C’est sans doute la dernière session de ce MOOC ECO.

Entrez dans la communauté DIY pour échanger et co-construire des projets d’EMI!

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Bilan de compétences en fin de master

En cette fin de 2ème et dernière année en Master 2 AIGEME, j’essaye de faire un point sur mon bilan de compétences:

une carte mentale en cours d’élaboration, me basant à nouveau sur le programme pour les enseignants UNESCO (cf billet précédent).

A propos des catégories

Arrivant au terme du master, je revois les « catégories » d’articles pour les rendre plus cohérentes.

Nous avons dû faire un travail sur nos propres compétences et sur les compétences abordées dans les UE de ce master mais pour classer les articles, j’ai choisi de me référer au programme de formation pour les enseignants concernant l’éducation aux médias et à l’information, publié par l’UNESCO en 2012. Cela me permet de ne pas multiplier des catégories trop précises et de faire allusion à un document international.

Cette publication est divisée en deux parties:

  1. le cadre général concernant le programme d’EMI et le cadre de compétences qui donnent une vue d’ensemble sur l’argumentaire, l’organisation et les thèmes principaux du programme,
  2. des modules de formation

Le programme d’EMI pour les enseignants couvre 3 principaux domaines:

  1. La connaissance et la compréhension des médias et de l’information dans la perspective du débat démocratique et de la participation sociale.
  2. L’évaluation des textes médiatiques et des sources d’information.
  3. La production et l’utilisation des médias et de l’information.

Ces trois grands thèmes sont mis en relation avec six domaines clés de l’éducation et du développement de l’enseignant:

2012-UNESCO-cadre-competences-EMI-enseignants

En dehors de l’indexation libre effectuée avec des tags (cf nuage de mots-clés dans le menu de gauche), j’ai classé mes articles en fonction de ce cadre général. J’ai rajouté trois catégories pour repérer plus facilement les productions concernant 3 UE: « Compétences »(C0AI31), ‘MOOCDIY »(C9IEM2) et « Didactique du numérique »(C9AI11).

Les douze libellés sont donc:

  1. Connaissance des médias et de l’information pour le débat démocratique.
  2. Evaluation des médias et de l’information.
  3. Production et utilisation des médias et de l’information.
  4. Politique et vision
  5. Programme et évaluation
  6. Pédagogie
  7. Média et information
  8. Organisation et administration
  9. Développement professionnel des enseignants
  10. Compétences
  11. MOOCDIY
  12. Didactique du numérique

Scénarios pédagogiques

Dans le guide pratique Comment concevoir un enseignement ?, Manuel Musial, Fabienne Pradère et André Tricot (De Boeck, 2012) proposent une démarche de conception de l’action d’enseignement autour de 3 activités clés (p.69) :

  • La définition des contenus à enseigner (transposition didactique) : notions-clés, liens structurels et organisationnels + objectifs d’apprentissage
  • La planification (la manière de les enseigner) : tâches des élèves et de l’enseignant, prise en compte de la motivation, de la métacognition et de l’évaluation
  • La définition des ressources (les moyens pour les enseigner) : traces écrites de l’élève et du professeur, supports pédagogiques, configurations de la salle

Ils définissent une situation d’enseignement comme « le contexte dans lequel la tâche d’apprentissage va être mise en oeuvre » (p.55) et la tâche d’apprentissage, le « moyen d’atteindre le but avec des actions physiques et des opérations mentales, au sein d’une situation qui fournit des ressources et impose des contraintes. » (p. 54). Les principales tâches sont les tâches d’étude, les tâches de résolution de problèmes, les tâches de recherche d’information et enfin les tâches de dialogue.

Professeure documentaliste, ces termes m’étaient familiers et j’étais habituée à concevoir des séquences pédagogiques, se déclinant en séances précisant des finalités et des objectifs opérationnels, indiquant les compétences en jeu…

J’apprécie le terme de scénario régulièrement utilisé dans la formation (Master AIGEME) et, je constate, dans le elearning, qui reflète bien le processus de création dans lequel l’imagination a toute sa place.

Dans un des articles mis à disposition par M. Javaux (« Un outil réflexif pour concevoir un scénario pédagogique incluant les TIC »), dans l’UE Didactique du numérique, le scénario pédagogique est défini comme « le résultat d’un processus de conception d’une activité d’apprentissage ».

Les auteurs insistent sur les points suivants :

  • le processus s’inscrit dans un champ donné et aboutit à la mise en œuvre du scénario
  • la mise en œuvre s’inscrit à l’intérieur d’un ou plusieurs dispositifs
  • le processus doit tenir compte des différents facteurs agissant sur l’apprentissage

Si des facteurs extérieurs peuvent avoir un impact sur les apprentissages, il est en tout cas capital pour un enseignant d’avoir des notions sur la façon dont on apprend. Comment apprend-on? Quels sont les processus d’apprentissage?

Ce dernier point est l’objet d’un autre article proposé par M. Javaux et rédigé par les auteurs cités au début de ce billet:

« Prendre en compte les apprentissages lors de la conception d’un scénario pédagogique »

http://rechercheformation.revues.org/1483

musial-pradere-tricot-formats-et-processus-dapprentissage

Figure 2 : Les processus d’apprentissages correspondant aux formats de connaissance

(à retrouver également p.49 : Comment concevoir un enseignement? De Boeck,

collection Guides Pratiques. Former et se former, 2012)

Caroline Brassard et Amaury Daele, les auteurs de « Un outil réflexif pour concevoir un scénario pédagogique incluant les TIC », proposent un outil de conception de scénario pédagogique à partir d’une comparaison de modèles de design pédagogique, d’entretiens avec 13 enseignants et d’observation de cours.

Les 17 dimensions retenues sont entendues comme une liste de questions à se poser lorsqu’on désire mettre en place un scénario intégrant les TIC. Ces questions sont organisées en quatre parties :

  • orientation et choix pédagogiques de départ
  • acteurs et rôles
  • activités
  • outils et processus

Nous arrivons à une intéressante grille d’analyse et/ou d’aide à la conception que nous pouvons retrouver ici : http://archiveseiah.univ-lemans.fr/EIAH2003/Pdf/n042-72.pdf

ou là : l’article annoté par mes soins :

2003-DAELE_BRASSART_Scenario_pedagogique

Cet outil est censé concerner les scénarios pédagogiques intégrant les TIC mais il peut servir pour n’importe quelle situation d’enseignement. Comme le titre de l’article l’indique, il incite avant tout l’enseignant à questionner sa pratique, à évaluer la mise en oeuvre des scénarios et réfléchir ainsi à des améliorations en agissant sur une ou plusieurs dimensions.

Une autre définition du concept de scénario pédagogique donnée par Emmanuelle Villiot-Leclercq dans l’article « Genèse, réception, orientation et explicitation des scénarios pédagogiques » (Distances et Savoirs, 04/2007) :

« Pour les praticiens appartenant à une discipline ou à une communauté de pratique, il désigne la description écrite, structurée et partageable de ce qu’un enseignant prévoit de faire ou a fait. Pour le monde scientifique, notamment dans le domaine de l’informatique appliquée à l’éducation, le concept de scénario est vu comme « un ensemble ordonné d’activités, régies par des acteurs qui utilisent et produisent des ressources » (Paquette, 2005) ; il peut être formalisé afin de permettre son opérationnalisation sur une plate-forme. »

Dans l’enseignement secondaire, une base de données répertorie des scénarios pédagogiques : EDU’bases.

« Les sites de chaque discipline proposent une recherche générale mais aussi des recherches prédéfinies sur un niveau d’enseignement, sur des thèmes de programme ou encore pour des activités liées aux usages des technologies de l’information et de la communication (B2i, usages de ressources numériques …). »

Lien vers EDU’bases:

http://eduscol.education.fr/cid57544/edu-bases-des-usages-repertories-pour-les-enseignants.html

Fin de la 2ème session du MOOC DIY

Dernière session sur l’évaluation où nous sommes d’ailleurs amenés à évaluer une nouvelle fois les productions d’autres participants…. L’exercice est intéressant… et transférable. J’ai très peu mis en oeuvre cette « évaluation par les pairs » jusqu’à présent mais ce MOOC m’a ouvert un champ de possibles! Guidés par un questionnement très précis, les élèves sont à même de critiquer de manière constructive les travaux de leurs camarades et de mieux comprendre ainsi eux-mêmes ce que l’on attend d’eux.

La démarche du eportfolio m’intéresse aussi beaucoup depuis le début du master et j’avais déjà tenté sa mise en place l’an dernier en 1ère stmg (quelques problèmes techniques s’étaient posés dans l’établissement mais je réfléchis à un moyen plus simple pour l’instaurer). Le carnet de bord existe déjà en Travaux Personnels Encadrés (TPE), en séries générales, mais il est rarement publié à ce que j’ai constaté et relève davantage du compte-rendu chronologique que réflexif. L’impulsion institutionnelle existe, à nous d’en exploiter le potentiel.

En analysant un projet d’une participante, je découvre le journal de bord correspondant, créé dans le cadre du MOOC DIY: un exemple de e-portfolio qui pourrait intéresser les personnes qui hésitent à se lancer dans… la 3ème session car il semblerait qu’il y ait une troisième ou quatrième mouture étant donné ce que Divina Frau-Meigs a dit dans le webinaire de conclusion.

Donc, je vous invite à consulter ce portfolio très complet (ici) qui reflète la philosophie et les étapes du MOOC, la démarche réflexive d’un participant actif, les productions que nous sommes invités à réaliser… et les projets très variés qui y naissent ou s’y épanouissent…

Allez jeter un oeil au webinaire où il est question d’évaluations, de valorisations… et de communautés.

Lien vers le Webinaire évaluation et projets d’EMI, du 8 juin 2015

Mon projet retouché est déposé.

Un grand merci aux auteurs de ce MOOC réactualisé, avec des documents ancrés dans l’actualité, très récents et enrichissants.

Session 7 du MOOC DIY – Twitter en classe

Le MOOC DIY session 2 touche à sa fin…. Il nous est demandé de terminer notre feuille de route et de mettre en oeuvre notre projet d’EMI.

La mise en oeuvre effective du projet « Citoyen journaliste sur Twitter », déjà développé dans la session 1 (voir article ici), et mis en place en seconde, m’amène à une première évaluation. C’était la première fois que j’utilisais Twitter en classe et j’ai trouvé cela très intéressant à plus d’un titre.

Quelques chiffres:

Un peu plus de la moitié de la classe n’utilisait pas du tout et ne connaissait pas bien le mode d’utilisation de Twitter. Il s’est avéré que parmi les autres, certains méconnaissaient les fonctionnalités. De janvier à mai 2015, 195 tweets avec le compte classe, 23 abonnements, 29 abonnés (dont 6 élèves parmi lesquels 1 élève qui protège ses tweets).

Exemples de tweets

tweet-charlietweet-marathontweet-solidarite

tweet-inaugurationSPME

Quelques constats avant le bilan avec mes collègues impliquées dans le projet:

  • Motivation des élèves de part le contexte de communication réelle

  • Certains tweets retweetés ou mis en favoris (donc intérêt pour les publications des élèves): par les associations sur lesquelles travaillaient les élèves, par des CDI ayant participé au Marathon Presse, par Canopé Nice ou par le CLEMI qui s’est très rapidement abonné au compte (2ème abonné après le CDI 🙂 10 jours après la création du compte)

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(pour autant, les associations ne se sont pas beaucoup déplacées pour l’exposition des élèves)

Retweets par les élèves eux-mêmes, le compte du CDI, des collègues documentalistes… ou notre prestataire pour le magazine créé:

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(mais les élèves qui suivent le compte classe ne se sont pas abonnés au compte de leur association lorsqu’elle en avait un)

Une élue de la Région (au CA du lycée) qui prend le temps de s’intéresser au projet et qui retweete:

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  • Suivi du compte par un futur partenaire (UNESCO PACA). Des projets pour l’an prochain!!

Evaluation des compétences:

  • Meilleure capacité des élèves à indexer un tweet avec un hashtag pertinent (l’évaluation diagnostique avait montré combien ils avaient du mal à résumer l’idée principale d’ un paragraphe en un ou deux mots)

  • Créativité pour décrire et valoriser les travaux mais aussi les actions des associations sur lesquelles les élèves travaillent par ailleurs.

  • Souci de l’orthographe parce qu’ils savent qu’ils sont publiés: concertation entre élèves, demande de vérification par le professeur… Autant d’occasions concrètes pour rappeler quelques règles de conjugaison ou autres

  • Efforts pour adopter un langage compréhensible et correct même dans une forme brève

  • Réinvestissement des connaissances abordées dans des séances préparatoires dans co-construction d’une charte 

  • Respect de la charte élaborée ensemble.

  • Vérification de la source d’un tweet avant de retweeter

  • Reconnaissance des tweets sponsorisés (ce qui n’était pas forcément évident au départ)

  • Effets bénéfiques du travail de résumé: deux élèves concernés par un Live Tweet, sélection d’informations dans une intervention orale afin de les communiquer sous forme de tweets. Exercice difficile mais très enrichissant: concentration, effort de synthèse, mise en mots pour communiquer voire expliquer à un autre, absent….

L’utilisation du compte classe Twitter: un aperçu grâce à Storify

https://storify.com/pecalle/la-classe-medias-2014-2015

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Le contenu du MOOC a alimenté la réflexion pour modifier et développer le projet plus global pour l’année prochaine.

A partir du projet qui se profile, dans lequel s’intègre le travail sur Twitter, j’ai imaginé une affiche pour informer les élèves de troisième venant s’inscrire au lycée de l’existence d’une « classe médias ».

Affiche réalisée avec Easel-ly

Litteraturesocieteengagezvous-low

NB: Suite au MOOC, le devoir n°2 de l’UE C9IEM2.

Le parcours citoyen

Continuant mon chemin (ou plutôt ma navigation avec Eol!) dans le MOOC DIY….

Eol_surf_et_en_mouvement

…je prends le temps de mettre en évidence les liens entre les mesures annoncées par le ministère le 22 janvier 2015 pour une « Grande mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République » et le projet d’EMI de cette année, qui se développe l’an prochain:

Capture d’écran 2015-05-30 à 21.08.58

Le texte annoté avec PDF Escape: 2015-05-30-liens-mobilisation_Ecole_projetEMI

La sous-partie « Citoyen journaliste sur Twitter » retravaillé pour la 2ème session sur la page des devoirs.

L’approche par compétences

Dans l’UE « Didactique du numérique », plusieurs articles nous ont été proposés pour alimenter notre réflexion parallèlement aux activités à réaliser. L’occasion de faire le point sur l’approche par compétences.

L’approche par compétences, qui s’est développée dans les années 90, a été et est encore critiquée, étant accusée de trop mettre en avant les savoir-faire et le procédural. En France, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui reprend une définition proche de celle de l’UNESCO, veut entendre la compétence comme « l’aptitude à mobiliser ses ressources (connaissances, capacités, attitudes) pour accomplir une tâche ou faire face à une situation complexes ou inédites. » Il précise « compétences et connaissances ne sont ainsi pas en opposition. » Malgré cette inclusion, Nico Hirtt critique pourtant, en septembre 2009, cette approche qui, dès l’origine, a associé le développement de compétences à la capacité de s’adapter à la vie économique. Elle répond largement à une demande de flexibilité par le modèle capitaliste, dans un marché du travail très polarisé où le nombre d’emplois qui ne nécessitent que peu de qualification augmente.

Dans son article « L’approche par compétences : une mystification pédagogique » (L’école démocratique n° 39), Hirtt cite une définition d’un des promoteurs de cette approche : une compétence est «une réponse originale et efficace face à une situation ou une catégorie de situations, nécessitant la mobilisation, l’intégration d’un ensemble de savoirs, savoir- faire, savoir-être...» [Bosman et al. 2000]. Ainsi, pour Hirtt, ce qui caractérise l’approche par compétences, c’est que les objectifs d’enseignement ne sont plus de l’ordre de contenus à transférer mais plutôt d’une capacité d’action à atteindre par l’apprenant. L’auteur ironise : « Avez-vous jamais mobilisé Emile Zola, le calcul intégral, la peinture expressionniste, la tectonique des plaques, la révolution industrielle du XIXe siècle, le génocide des indigènes d’Amériques, le subjonctif imparfait, la pensée philosophique de Descartes ou la théorie de la gravitation «dans des situations de la vie» ? »

Au delà de la pédagogie, c’est une philosophie de l’éducation qui est radicalement différente car il estime que nous accordons plus d’importance au résultat individuel qu’aux savoirs. Il démontre aussi que l’approche par compétences ne s’inscrit pas dans une démarche constructiviste comme on veut le faire croire (le savoir n’étant qu’un outil, un accessoire dans la réalisation d’une tâche et non le but même de l’apprentissage) et ne favorise pas l’innovation, enfermant les enseignants dans une « bureaucratie routinière ». Il parle du « fétichisme de l’activité des élèves ». Enfin, il estime que l’approche par compétences renforce l’inégalité sociale du système éducatif. Aller à son rythme = aller au rythme de sa classe sociale….

L’article est provocateur mais renouvelle la réflexion sur nos pratiques. S’il met en évidence certains travers (grilles qui deviennent inapplicables, problème de l’évaluation…), il exagère sans doute l’application concrète de cette approche qui a été faîte par les enseignants… En tant que professeure documentaliste, impliquée dans l’éducation aux médias et à l’information, je suis amenée à traiter ces « compétences transversales » qu’il dénigre. Mais je ne les estime pas déconnectées des savoirs, bien au contraire. C’est ce qui nous amène à travailler sur le droit à l’information dans l’histoire ou le droit à la liberté d’expression dans le monde avant d’envisager toute production. La déconnexion entre l’écriture d’un article, la réalisation d’une affiche et des savoirs est injuste et mésestime ou ne fait pas confiance en la manière dont les enseignants appliquent ou interprètent les textes. Il s’agit de méthodes pédagogiques actives qui ont montré leur intérêt et c’est la façon dont est conçue la tâche qui aura toute son importance. C’est la même chose pour n’importe quel outil, c’est l’usage qui en est fait qui compte. Le scénario pédagogique devra bien identifier dans quelle mesure connaissances, capacités et attitudes sont recherchées et croiser, à mon sens, les apports de l’approche par objectifs et de l’approche par compétences qui sont deux « grilles » pour concevoir une situation d’apprentissage cohérente et efficace.

Dans cette UE, nous nous intéressons à l’impact du numérique. C’est bien l’intention pédagogique de l’enseignant qui donne sens à l’utilisation de tous les outils, quels qu’ils soient. Ces outils sont au service de l’enseignant non seulement pour accompagner l’apprenant dans ses apprentissages avec des stratégies diversifiées mais aussi pour le rendre pleinement acteur. C’est pour moi un enjeu qui relève de l’exercice de la citoyenneté plus que de l’adaptabilité…

Dans l’article « L’approche par compétences : un nouveau paradigme pour la pédagogie universitaire ? », Christian Chauvigné et Jean-Claude Coulet rendent compte des débats :

  • assujettissement de l’éducation aux intérêts économiques vs reconnaissance du rôle de l’éducation dans le développement économique, sans renoncement à sa participation à l’émancipation sociale.

  • minoration, voire négation des savoirs, baisse de maîtrise des qualifications, flou dans les évaluations certificatives vs meilleure mobilisation des savoirs, meilleure lisibilité des qualifications, évaluations certificatives plus adaptées, réappropriation par l’individu de son parcours de formation…

Ils reconnaissent par ailleurs que les promoteurs de l’approche par compétences sont « à l’origine d’un renouvellement foisonnant des formes pédagogiques à l’université ». Ils mentionnent le projet Tuning et donnent la définition qu’on y trouve : « Les compétences sont une combinaison dynamique des aptitudes cognitives et méta- cognitives, du savoir et de la compréhension, des aptitudes relationnelles, intellectuelles et pratiques et des valeurs éthiques ». Ils pensent eux-mêmes qu’il ne faut pas envisager la compétence comme une « collection » de capacités et d’aptitudes de diverse nature mais bien comme un processus, une construction articulant «connaissances» et « activité finalisée ».

Christian Chauvigné et Jean-Claude Coulet, « L’approche par compétences : un nouveau paradigme pour la pédagogie universitaire ? », Revue française de pédagogie [En ligne], 172 | juillet-septembre 2010, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 15 janvier 2015. URL : http://rfp.revues.org/2169

Didactique du numérique

Le cours de M. Javaux nous a permis de nous interroger sur ce que le numérique pouvait changer dans l’acte d’enseigner et dans l’acte d’apprendre. Mais d’une manière plus générale, il nous a demandé un travail rigoureux sur les étapes de conception de tout scénario pédagogique. Un mise au point sur les approches pédagogiques, les styles d’apprentissage, les taxonomies souvent utilisées a d’abord été nécessaire.

J’ai ensuite pris comme étude de cas un travail collaboratif démarré avec une collègue en Etude de Gestion. Il a fallu analyser les objectifs, décortiquer les compétences, évaluer les activités envisagées.

Cette détermination et cette formalisation des objectifs et des compétences visées fait partie de notre travail habituel d’enseignant. Mais nous partions ici de textes institutionnels très précis, menant à une épreuve anticipée du bac. Par ailleurs, la spécificité du projet était d’intégrer l’utilisation d’une plateforme d’apprentissage en ligne (Moodle) ce qui était complètement nouveau et pour l’une et pour l’autre.

J’ai repris et détaillé les objectifs avec la taxonomie de Bloom:

roue_bloom

Voici un exemple de représentation des objectifs d’une séquence menée en 1ère stmg:

objectifs-pedagogiques-parcours-stmg-ex1

Une même traduction des textes et de la méthodologie que nous voulions adopter s’est faîte dans une approche par compétences. Deux référentiels ont été utilisés: le référentiel des compétences info-documentaires de la FADBEN et le B2I lycée.

Un aperçu du travail réalisé:

competences-parcours-stmg-ex

MOOC DIY, 2ème session

J’avais participé en début d’année à la première session du MOOC DIY qui m’avait beaucoup intéressée et dont j’avais fait un petit compte-rendu d’expérience ici, sur mon portfolio:

https://patriciaecalle.wordpress.com/2015/02/11/fin-du-mooc-diy-emi/

Je repars pour cette 2ème session, pour découvrir les nouveautés, comme la partie sur la liberté d’expression, et pour réfléchir à mes projets de l’an prochain. Nous comptons, avec mes deux collègues, partir de l’expérience de cette année (résumée ici: http://classemediasmaulnier.comxa.com/) mais travailler davantage sur l’image animée.

Je compte aussi améliorer et développer le projet autour de l’engagement citoyen et Twitter, déjà objet de réflexion pendant la session 1 de ce MOOC. L’expérience de cette année a été très enrichissante et je suis convaincue de l’intérêt de l’intégration de ce réseau social dans les situations d’apprentissage. Le compte classe n’a été ouvert qu’en janvier mais l’évaluation du travail réalisé laisse entrevoir les potentialités.

Un des premiers travaux demandés dans le cadre du MOOC est de mettre en évidence les liens entre notre projet d’EMI et le Socle Commun de Connaissances, de Compétences et de Culture. J’ai encore découvert un outil bien pratique: PDF Escape afin d’annoter l’annexe du décret du 31 mars 2015. Le résultat en pièce jointe:

2015-05-annotation-ECALLE-Socle