Bilan de compétences en fin de master

En cette fin de 2ème et dernière année en Master 2 AIGEME, j’essaye de faire un point sur mon bilan de compétences:

une carte mentale en cours d’élaboration, me basant à nouveau sur le programme pour les enseignants UNESCO (cf billet précédent).

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A propos des catégories

Arrivant au terme du master, je revois les « catégories » d’articles pour les rendre plus cohérentes.

Nous avons dû faire un travail sur nos propres compétences et sur les compétences abordées dans les UE de ce master mais pour classer les articles, j’ai choisi de me référer au programme de formation pour les enseignants concernant l’éducation aux médias et à l’information, publié par l’UNESCO en 2012. Cela me permet de ne pas multiplier des catégories trop précises et de faire allusion à un document international.

Cette publication est divisée en deux parties:

  1. le cadre général concernant le programme d’EMI et le cadre de compétences qui donnent une vue d’ensemble sur l’argumentaire, l’organisation et les thèmes principaux du programme,
  2. des modules de formation

Le programme d’EMI pour les enseignants couvre 3 principaux domaines:

  1. La connaissance et la compréhension des médias et de l’information dans la perspective du débat démocratique et de la participation sociale.
  2. L’évaluation des textes médiatiques et des sources d’information.
  3. La production et l’utilisation des médias et de l’information.

Ces trois grands thèmes sont mis en relation avec six domaines clés de l’éducation et du développement de l’enseignant:

2012-UNESCO-cadre-competences-EMI-enseignants

En dehors de l’indexation libre effectuée avec des tags (cf nuage de mots-clés dans le menu de gauche), j’ai classé mes articles en fonction de ce cadre général. J’ai rajouté trois catégories pour repérer plus facilement les productions concernant 3 UE: « Compétences »(C0AI31), ‘MOOCDIY »(C9IEM2) et « Didactique du numérique »(C9AI11).

Les douze libellés sont donc:

  1. Connaissance des médias et de l’information pour le débat démocratique.
  2. Evaluation des médias et de l’information.
  3. Production et utilisation des médias et de l’information.
  4. Politique et vision
  5. Programme et évaluation
  6. Pédagogie
  7. Média et information
  8. Organisation et administration
  9. Développement professionnel des enseignants
  10. Compétences
  11. MOOCDIY
  12. Didactique du numérique

L’approche par compétences

Dans l’UE « Didactique du numérique », plusieurs articles nous ont été proposés pour alimenter notre réflexion parallèlement aux activités à réaliser. L’occasion de faire le point sur l’approche par compétences.

L’approche par compétences, qui s’est développée dans les années 90, a été et est encore critiquée, étant accusée de trop mettre en avant les savoir-faire et le procédural. En France, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui reprend une définition proche de celle de l’UNESCO, veut entendre la compétence comme « l’aptitude à mobiliser ses ressources (connaissances, capacités, attitudes) pour accomplir une tâche ou faire face à une situation complexes ou inédites. » Il précise « compétences et connaissances ne sont ainsi pas en opposition. » Malgré cette inclusion, Nico Hirtt critique pourtant, en septembre 2009, cette approche qui, dès l’origine, a associé le développement de compétences à la capacité de s’adapter à la vie économique. Elle répond largement à une demande de flexibilité par le modèle capitaliste, dans un marché du travail très polarisé où le nombre d’emplois qui ne nécessitent que peu de qualification augmente.

Dans son article « L’approche par compétences : une mystification pédagogique » (L’école démocratique n° 39), Hirtt cite une définition d’un des promoteurs de cette approche : une compétence est «une réponse originale et efficace face à une situation ou une catégorie de situations, nécessitant la mobilisation, l’intégration d’un ensemble de savoirs, savoir- faire, savoir-être...» [Bosman et al. 2000]. Ainsi, pour Hirtt, ce qui caractérise l’approche par compétences, c’est que les objectifs d’enseignement ne sont plus de l’ordre de contenus à transférer mais plutôt d’une capacité d’action à atteindre par l’apprenant. L’auteur ironise : « Avez-vous jamais mobilisé Emile Zola, le calcul intégral, la peinture expressionniste, la tectonique des plaques, la révolution industrielle du XIXe siècle, le génocide des indigènes d’Amériques, le subjonctif imparfait, la pensée philosophique de Descartes ou la théorie de la gravitation «dans des situations de la vie» ? »

Au delà de la pédagogie, c’est une philosophie de l’éducation qui est radicalement différente car il estime que nous accordons plus d’importance au résultat individuel qu’aux savoirs. Il démontre aussi que l’approche par compétences ne s’inscrit pas dans une démarche constructiviste comme on veut le faire croire (le savoir n’étant qu’un outil, un accessoire dans la réalisation d’une tâche et non le but même de l’apprentissage) et ne favorise pas l’innovation, enfermant les enseignants dans une « bureaucratie routinière ». Il parle du « fétichisme de l’activité des élèves ». Enfin, il estime que l’approche par compétences renforce l’inégalité sociale du système éducatif. Aller à son rythme = aller au rythme de sa classe sociale….

L’article est provocateur mais renouvelle la réflexion sur nos pratiques. S’il met en évidence certains travers (grilles qui deviennent inapplicables, problème de l’évaluation…), il exagère sans doute l’application concrète de cette approche qui a été faîte par les enseignants… En tant que professeure documentaliste, impliquée dans l’éducation aux médias et à l’information, je suis amenée à traiter ces « compétences transversales » qu’il dénigre. Mais je ne les estime pas déconnectées des savoirs, bien au contraire. C’est ce qui nous amène à travailler sur le droit à l’information dans l’histoire ou le droit à la liberté d’expression dans le monde avant d’envisager toute production. La déconnexion entre l’écriture d’un article, la réalisation d’une affiche et des savoirs est injuste et mésestime ou ne fait pas confiance en la manière dont les enseignants appliquent ou interprètent les textes. Il s’agit de méthodes pédagogiques actives qui ont montré leur intérêt et c’est la façon dont est conçue la tâche qui aura toute son importance. C’est la même chose pour n’importe quel outil, c’est l’usage qui en est fait qui compte. Le scénario pédagogique devra bien identifier dans quelle mesure connaissances, capacités et attitudes sont recherchées et croiser, à mon sens, les apports de l’approche par objectifs et de l’approche par compétences qui sont deux « grilles » pour concevoir une situation d’apprentissage cohérente et efficace.

Dans cette UE, nous nous intéressons à l’impact du numérique. C’est bien l’intention pédagogique de l’enseignant qui donne sens à l’utilisation de tous les outils, quels qu’ils soient. Ces outils sont au service de l’enseignant non seulement pour accompagner l’apprenant dans ses apprentissages avec des stratégies diversifiées mais aussi pour le rendre pleinement acteur. C’est pour moi un enjeu qui relève de l’exercice de la citoyenneté plus que de l’adaptabilité…

Dans l’article « L’approche par compétences : un nouveau paradigme pour la pédagogie universitaire ? », Christian Chauvigné et Jean-Claude Coulet rendent compte des débats :

  • assujettissement de l’éducation aux intérêts économiques vs reconnaissance du rôle de l’éducation dans le développement économique, sans renoncement à sa participation à l’émancipation sociale.

  • minoration, voire négation des savoirs, baisse de maîtrise des qualifications, flou dans les évaluations certificatives vs meilleure mobilisation des savoirs, meilleure lisibilité des qualifications, évaluations certificatives plus adaptées, réappropriation par l’individu de son parcours de formation…

Ils reconnaissent par ailleurs que les promoteurs de l’approche par compétences sont « à l’origine d’un renouvellement foisonnant des formes pédagogiques à l’université ». Ils mentionnent le projet Tuning et donnent la définition qu’on y trouve : « Les compétences sont une combinaison dynamique des aptitudes cognitives et méta- cognitives, du savoir et de la compréhension, des aptitudes relationnelles, intellectuelles et pratiques et des valeurs éthiques ». Ils pensent eux-mêmes qu’il ne faut pas envisager la compétence comme une « collection » de capacités et d’aptitudes de diverse nature mais bien comme un processus, une construction articulant «connaissances» et « activité finalisée ».

Christian Chauvigné et Jean-Claude Coulet, « L’approche par compétences : un nouveau paradigme pour la pédagogie universitaire ? », Revue française de pédagogie [En ligne], 172 | juillet-septembre 2010, mis en ligne le 01 décembre 2014, consulté le 15 janvier 2015. URL : http://rfp.revues.org/2169

Les compétences essentielles de l’EMI: comprendre, critiquer, créer…

Comprendre, critiquer, créer… En tant que professeure, je considère prioritaire le fait de rendre les élèves acteurs afin qu’ils comprennent et réinvestissent ce qu’ils ont appris, qu’ils développent leur autonomie et leur créativité. En tant que documentaliste, j’ai toujours essayé de mettre en œuvre cette priorité, soit seule (prise en charge d’un groupe en Accompagnement Personnalisé lorsque la Réforme des lycées s’est mise en place), soit en collaboration avec mes collègues avec qui nous avons une réflexion sans cesse renouvelée pour mettre l’élève en position de producteur d’information… voire de publication. J’ai donné quelques exemples dans le dossier Savoirs CDI réalisé par Corinne Christophe (Atelier Canopé 06) ce mois-ci. La participation au Marathon Presse s’inscrivant pleinement dans cette démarche.

– Mon témoignage (séquences pédagogiques).

– L’expérience du Marathon Presse l’année dernière:

Trois professeurs documentalistes de l’académie de Nice se sont prêtées au jeu de l’interview. Patricia Ecalle, Fabienne Rondet et Caroline Soubic nous racontent comment s’est organisé le Marathon-Presse dans leur établissement, comment élèves et enseignants ont vécu l’aventure.

Le blog du Marathon Presse 2014: les articles publiés par les élèves

Le wiki des compétences – démarrage

Suite au travail sur mes propres compétences, j’ai beaucoup réfléchi au « wiki des compétences »que nous devons réaliser collaborativement.

Les 2 premiers objectifs du wiki sont de donner:

1) une vision globale de l’ensemble des compétences développées dans le Master

2) des définitions détaillées des compétences

J’ai donc proposé sur le forum de:

– commencer à lister ces compétences au fur et à mesure de la lecture de nos cours

– de peut-être travailler davantage une UE précise en binôme (une cinquantaine d’étudiants / 23 UE?)

– de classer toutes les compétences référencées selon la proposition de M. Maynier: compétences conceptuelles (en distinguant savoirs théoriques et compétences conceptuelles???) / compétences techniques (savoir-faire) / compétences relationnelles (savoir-être) = typologie de Katz

La plateforme  « wikidescompetences » n’existant plus, j’ai voulu créé un compte sur le second site recommandé, « Wikieducator », mais celui-ci n’a pas fonctionné du week-end. J’ai donc proposé un premier test sur Wikispaces que j’avais découvert lors d’un stage avec l’URFIST. Une première arborescence est posée (page présentant les UE et leurs compétences / hyperlien vers chacune des compétences) et Isabelle a créé un Googledoc pour visualiser sous forme de tableau l’ensemble des cours, des binômes, des compétences et leur catégorisation. Très pratique! On a bien avancé en 3 jours, en tout cas, l’outil de travail est prêt…

Il me semble qu’il pourrait être intéressant de se rapprocher au maximum, lorsque cela est pertinent, des items du Programme de Formation pour les Enseignants à l’Education aux Médias et à l’Information de l’UNESCO au moins pour le parcours IEM mais pas seulement. Je vais rentrer un peu plus dans le détail pour voir si c’est intéressant pour le travail demandé.

Certaines compétences vont aussi être communes à différents cours, un travail d’harmonisation dans la dénomination et la définition va se poser…

Carte de compétences

Je viens d’aboutir à une première forme d’ auto-évaluation diagnostique

Après un remue-méninges initial, j’ai consulté plusieurs documents pour nourrir ma réflexion mais aussi me positionner par rapport à des référentiels existants étant donné que:

– j’ai une activité professionnelle depuis 10 ans…

–  l’exercice est à faire dans le cadre d’une formation spécifique

J’ai ainsi (re)parcouru:

– le référentiel de compétences enseignants réactualisé par le ministère de l’Education Nationale en juillet 2013: Référentiel des compétences professionnelles des métiers du professorat et de l’éducation.

– le référentiel C2I Enseignants,

– le référentiel de compétences Web récemment publié par Mozilla:  « Le « Web Literacy Standard » est une carte des compétences et aptitudes que Mozilla et notre communauté d‘intervenants considèrent importantes pour s‘améliorer à consulter, publier et participer sur le web. »

– ainsi que le Programme de Formation pour les Enseignants en Education aux Médias et à l’Information de l’UNESCO.

Ces documents très variés m’ont permis d’alimenter ma réflexion sur mes propres connaissances et aptitudes. J’ai essayé de me situer par rapport à tous ces items, en me demandant à chaque fois si cela relevait de savoirs théoriques, de compétences conceptuelles, techniques ou relationnelles…. Puis il a fallu revenir à quelque chose de plus simple pour ne pas surcharger la carte mentale, bref, synthétiser! Et voici ce à quoi je suis arrivée:

2013-12Bilan-de-competencesECALLE

La carte va rapidement évoluer pour prendre en compte les compétences détaillées du Master.

Les outils pour réaliser une carte mentale:

– je n’avais pas trouvé Freemind très souple d’utilisation lorsque je l’avais testé pour présenter un projet en septembre dernier

– Bubbl us (en ligne) m’a semblé manquer de fonctionnalités

–  j’ai, pour cette fois, opté pour Mindmeister mais j’ai dû m’abonner à une version payante (2, 50 euros pour un mois) pour avoir la possibilité d’exporter mon travail réalisé en ligne. Je l’ai trouvé très simple d’utilisation. Le modèle choisi est sobre, c’est une première tentative de mettre en forme un travail réflexif.

Réflexion autour des compétences

Le travail autour des compétences va prendre plusieurs formes:

– Les étudiants doivent élaborer un bilan de leurs compétences sous forme de carte mentale. Je suis en train de tester quelques outils disponibles en ligne:

Mindomo, bubbl.us, Mindmeister

Jusqu’alors, je n’avais utilisé qu’une ou deux fois Freemind, pour voir comment cela fonctionnait… et pour présenter les axes et étapes d’un projet.

Anouchka nous a conseillé Imindmap: ses arguments sur son eportfolio

Je vais me pencher sur la question mais c’est un logiciel payant.

– Il faudra (il faut! très vite!:) ensuite que je fasse une sorte d’auto-évaluation diagnostique… en listant et classant ce que je pense avoir acquis comme compétences. Pour compléter mon remue-méninges, je vais me référer au référentiel de compétences enseignants, au référentiel C2I ou encore au référentiel de compétences Web récemment publié par Mozilla:

La Web Literacy selon Mozilla

– Puis nous devons travailler collaborativement à un wiki de compétences.

« L’objectif du wiki des compétences est de construire un référentiel des compétences développées au sein du master afin que tous les étudiants du Master partagent :

  1. une vision globale de l’ensemble des compétences développées dans le Master
  2. des définitions détaillées des compétences
  3. une vision globale de l’ensemble des compétences apportées par les étudiants au-delà de celles développées dans le Master
  4. une méthode commune pour référencer les compétences dans les ePortfolios et les descriptifs des modules »

Les consignes